Table des matières

Synthèse
Les données
Il faut supposer des alliances
Une origine danoise ?
Quelques ancêtres et parents possibles avant le XII° siècle
Parents contemporains en Livonie


SYNTHESE

Le nom de Kaupo, premier ancêtre connu des Lieven, incline à le rattacher à des Danois provenant de Kaupang (dans le fjord d’Oslo), puis de Kaup (en Sambie, au sud de l’Isthme de Courlande), à partir du IX° siècle. Des unions matrimoniales sont alors nouées sur place, alternativement avec des livoniennes et des rutènes, lesquelles, par Rörik (Roricus, Rurik, ca 830 – ca 879) se rattachent également aux Danois.
Mais, à peine établis en Sambie, les Danois en question, ancêtres de Kaupo, partent vers de nouvelles aventures. C’est ainsi que leurs attaques et leurs expéditions de pirates du côté du Jutland dont ils proviennent leur valent de sanglantes contre-attaques, tandis que, de l’autre côté, remontant vers le nord, il s’approprient l’embouchure de la Düna – Daugava. Le petit comptoir qui s’y établit n’a qu’un rôle secondaire tant que l’essentiel du commerce entre la Baltique et la mer Noire, en partant de Kaup, via le Niemen, va directement vers Kiev, capitale immédiate des successeurs de Rörik.
L’ensablement de l’isthme de Courlande change la situation, en même temps que d’autres villes-relais apparaissent, plus au nord, telles que Pskov (sur la Gauja) et Polotsk (sur la Daugava). Les prédécesseurs de Kaupo, à la fin du XI° siècle, transfèrent donc leurs activités à l’embouchure et au long de la Düna-Daugava où, d’ailleurs, les Lives, ce peuple de pêcheurs, sont dominants. Comme la Gauja (ou Aa supérieur) prend également de l’importance, la position clé devient le comptoir de Riga, sur la côte, d’où l’on contrôle les deux voies fluviales. Une fois bâti le fort de Riga, l’essentiel devient de contrôler la frontière au nord, sur la Gauja, d’où la construction du château de Treiden-Toreida, au meilleur emplacement possible.
Le Kaupo dont nous parle Henricus dans sa Chronique de Livonie est l’héritier de ce dispositif.

N.B. La présence de fleurs-de-lys dans les armes des Lieven a fait examiner de nombreuses pistes tendant à relier les Lieven à l’Europe occidentale, soit directement, soit par le biais des Anjou-Hongrie. Ces hypothèses n’ont pu être documentées. Elles pourront cependant, le moment venu, fournir des ressorts à l‘intrigue.
La question sera traitée dans un document à part sur les armes de la famille Lieven.


LES DONNEES


Il faut supposer des alliances

Henrici Chronicon Lyvoniae, la Chronique livonienne d’Henri (ca 1227), principale source dont nous disposions sur les croisades baltiques, nous apprend que Kaupo était le « quasi rex » des Lives.
Les recoupements possibles montrent qu’il contrôlait le territoire de Riga, une partie de la côte de Courlande de part et d’autre de Riga, et la rive nord de la Gauja (Aa supérieur) jusqu’à Toreida (Treiden).
Une telle position ne s’atteint pas sans alliances, lesquelles ont toujours à l’époque une base clanique et matrimoniale.


Une origine danoise ?

Le nom « Caupo » (orthographe latine) qui, en latin classique, désigne un cabaretier ou un marchand, est aberrant, par rapport à ce que l’on sait du personnage (respect dont l’entourent l’Église et les Croisés, rôle militaire, enracinement comme chef traditionnel). On doit donc lui chercher une signification dérivée, laquelle nous est immédiatement proposée par les toponymes bâtis sur la même racine. Caupo vient du latin, certes, mais par le scandinave. En effet, on a par ailleurs…
· Kaupang (également appelé Skiringssal, la Brillante Halle), sur le fjord d’Oslo près de Larvik, passe pour avoir été le premier port et la première agglomération sur le territoire norvégien.
[Le port de Larvik contrôle un fjord a proximité de celui au fond duquel se trouve Oslo.]
· Kaupanger, en Norvège, est une autre ville de marché, dans la Sogn des Fjords (Sogn og Fjordane, c’est-à-dire comté caractérisé par le nombre et la profondeur de ses fjords).
· Kaup, centre marchand « viking » ou « varègue » en Sambie (au sud de l’isthme de Courlande, à proximité de Königsberg – Kaliningrad), fut florissant entre 800 et 1016. Le comptoir danois de Kaup-Wiskiauten fut abandonné quand le détroit de Brokist, barré par le sable, ne permit plus aux bateaux marchands de remonter le Niemen. [Source : Tomas Baranauskas : Saxo Grammaticus on the Balts (disponible sur Internet), d’après les travaux de l’archéologue russe Vladimir Kulakov.]
· Koporie, à 100 kilomètres à l’ouest de l’actuel Saint-Petersbourg, fut un port varègue, d’où l’on contrôlait le trafic vers l’est, par la Neva, le lac Ladoga et la Volga, avant que les Chevaliers Porte-Glaive n’en fasse une forteresse (1240), immédiatement détruite par Alexandre Nevsky, sur laquelle, siècle après siècle, on a bâti une imposante place forte dont il reste des ruines importantes.
· Stora Kopparberg, la « montagne de cuivre » de Falun en Dalécarlie (150 km au nord ouest de Stockholm), mine de cuivre qui fut pendant longtemps la principale richesse de la Suède, est sans doute exploitée depuis les temps vikings. Le mot « cuivre », qui désigne l’airain des Romains, serait né par référence à Chypre, première source de cuivre de l’Antiquité. Son statut de « marchandise » permet-il de le rapprocher de la racine « caup » latine ?
Dans tous ces cas, la racine « kaup » désigne un « marché » au sens « viking », c’est-à-dire un port marchand fortifié d’où partent et où reviennent des expéditions à la fois commerciales et militaires.
Le patronyme « Kaupo » désignerait donc le seigneur d’une telle place de « marché », ou celui qui en est originaire.
N.B. L’enracinement local de Kaupo nous retenir l'orthographe lettone et germanique plutôt que latine (Caupo).

Ces éléments font donc attribuer aux ancêtres de Kaupo une composante scandinave, par ailleurs compatible avec des alliances matrimoniales locales.
Peut-on être plus précis ? Sans doute car on observe (voir ci-après les informations relevées dans Saxo Grammaticus) que, aux alentours de l’an 800, les Coures et les Estes se battent avec les Suédois, contre les Danois assistés des Livoniens.
On donnera donc la préférence à une origine danoise de la dynastie scandinave dont Kaupo est issu et, quant à son port-marché de départ, on le situera à Kaupang qui, alors, était danois.


Quelques ancêtres et parents possibles avant le XII° siècle

Peut-on maintenant désigner des ancêtres probables avant le XII° siècle ? C’est ici Saxo Grammaticus (Gesta Danorum) qui nous éclaire. [On ne le connaît généralement que par l’histoire du prince Amlethus qui, simulant la folie pour mieux venger son père, inspira Shakespeare.] Vers l’an 1200, ce clerc, au service d’Absalon, chanta la gloire, non seulement de celui, chef de guerre puis évêque, qui avait libéré le Danemark de ses ennemis et en avait fait la puissance dominante de la Baltique, mais de Valdemar II, le souverain régnant et de l’ensemble des héros et rois, mythiques et historiques qui les avaient précédés .
Le récit que fait Saxo Grammaticus [Les références données ci-après renvoient à la version française de La Geste des Danois par Saxo Grammaticus. Traduit du latin par Jean-Pierre Troadec, présenté par François-Xavier Dillmann. Ed. NRFGallimard, Coll. L’aube des peuples. 448 p.] des expéditions en Ruténie, Livonie et Courlande nous apporte ainsi d’assez nombreuses informations sur les personnages qui gouvernaient ces régions avant que le Kaupo de Henricus n’y apparaisse.
· Ca 450, Lokerus (p. 46), prince de Courlande se fait attaquer par Hadingus de Danemark et son allié, le pirate Liserus. Lokerus l’emporte et fait prisonnier Hadingus. [Ours, en lituanien, se dit lokys et, en letton, lacis. D’autre part, dans la mythologie, le dieu Loki s’empare des richesses du nain Andvari, de même que Lokerus, le prince de Courlande, de celles d’Handwanus, le roi d’Hellespont dont Daugmale était la capitale.]
· Ca 450, face aux attaques de Hadingus, Handwanus (p. 46-47), roi de l’Hellespont [Saxo Grammaticus appelle Hellespont la vallée de la Düna – Daugava, fleuve qui constitue la partie nord de la voie navigable conduisant de la Baltique à la Grèce en passant par la mer Noire (voir note ci-après sur la Ruténie).], se retranche dans sa ville de Duna (Daugmale). Finalement capturé, il se libère en livrant son poids d’or en rançon. [Les mythologistes rapprochent le nom Handwanus de celui du nain Andvari dont la légende fait le gardien d’un trésor caché au fond d’un lac. Des fouilles à Daugmale ont fait apparaître une statue représentant Andvari et son anneau magique. cf. l’article de Tomas Baranauskas : Saxo Grammaticus on the Balts.]
· Ca 480, Dorno, roi de Courlande (p. 62), attaqué par Frotho I de Danemark, recourt à la politique de la terre brûlée pour affamer l’envahisseur puis se retranche dans sa place forte. Ses troupes, cependant, se font prendre dans un contre-stratagème : Frotho semble abandonner son camp mais, lorsque les Courlandais s’y précipitent pour le piller, ils tombent dans les trappes qui ont été préparées et se font massacrer.
· Ca 480, Tranno, chef des Rutènes (p. 63) [Première « Russie », la Ruténie ou Rus’ s’est développée autour de villes telles que Smolensk et Kiev sur le Dniepr, Minsk sur la Svislotche. dans le bassin du Dniepr, Polotsk (Paltisca dans Saxo Grammaticus) sur la Düna-Daugava, Pskov au bout de la Gauja, etc.], défait par le même Frotho I dans un combat naval où ce dernier coule les bateaux adverses en même temps qu’il les attaque.
· Ca 600-650, Olimarus [Egalement appelé Ormar dans l’Hervararsaga et Wyrmhere dans le Widsith], roi des Rutènes (p. 206), s’allie au roi des Huns pour attaquer Frotho III de Danemark, fils de Fridlevus I de Danemark (le Rapide). Le roi des Huns conduit par terre une troupe considérable, Olimarus attaquant par mer avec, nous dit peu vraisemblablement le Chroniqueur, neuf millions d’hommes ! L’un et l’autre n’en sont pas moins défaits, en partie sous l’excès de leur nombre, en partie par la vaillance et l’astuce des Danois. Ils n’en sauvent pas moins leurs vies et deviennent les vassaux de Frotho III. C’est ainsi qu’Olimarus, « l’illustre dompteur de barbares » (p. 211), vainc les peuples d’Estland, d’Oeland, de Courlande et en ramène un grand butin et devient gouverneur de Suède et d’Holmgard.
· Ca 600-650, Dagus, roi des Rutènes (p. 208-212), battu par Frotho III de Danemark, deviendra son vassale et, en tant que tel, gouvernera l’Estland.
· Ca 700, Starcatherus, héros et général de Frotho IV de Danemark, fils de Fridlevus II, remporte de grandes victoires « contre les armées réunies des gens de Courlande, Samland, Semigallie et de tous les autres pays situés à l’Est. » (p. 247) Il pare aux tribules ou chausses-trapes répandus par les défenseurs en fixant de semelles de bois au chausses de ses gens et aux sabots de leurs chevaux (p. 245). Cet artifice était notamment utilisé par Floccus [Flock, en anglais, qui est décrit dans les sagas comme étant le roi des Finnois], chef des Rutènes, qui se cachait dans un repaire de montagne avec un trésor considérable d’or et d’argent.
· Ca 800, Ringo, roi de Suède, adversaire du vieil et aveugle Haraldus II Hyldetan de Danemark, réunit des troupes importantes dont les ailes sont composées de guerriers venus de Courlande et d’Estland (p. 336). Les Livoniens, en revanche, sont du côté des Danois (p. 336). Après la victoire (mort de 12.000 nobles chez Ringo et de 30.000 chez Haraldus, sans parler des soldats de basse extraction), Ringo fait à son oncle Haraldus de nobles funérailles (p. 340).
· Ca 800, Iarmericus, fils de Sywardus, roi des Danois, défait « les gens du Samland, de Courlande et d’autres nations des contrées de l’Est » (p. 358).
· Ca 800, Bicco, fils du roi de Livonie (p. 359), pris par des pirates de l’Hellespont, est libéré par Iarmericus, roi danois, qui s'est assujetti la Suède et a multiplié les raids victorieux sur toutes les côtes de la Baltique, dont le Samland (Sambie), la Courlande et l'Estland. Bicco séduit Iarmericus et devient son conseiller mais, comme le roi a préalablement tué ses frères, il le mène à sa perte avec l’aide des Hellespontins.
· Ca 840-865, Dian (Dainius ?) et Daxon (Daukša ?), les fils du roi Dian de l'Hellespont (p. 398), qui avait été vaincu par le roi danois Regnerus Lothborg (peut-être le Ragnar qui fit en 845 un raid jusqu’à Paris), épousent des filles du roi des Rutènes. Leur mère est une princesse scythe [Terme qui semble désigner ici le sud de la Biélorussie et le nord de l’Ukraine.]. Regnerus les défait eux aussi et s’assujettit les territoires de Courlande et du Samland. Par la suite (p. 401), Daxon bat les Scythes, sur lesquels règne maintenant le jeune Withsercus, fils de Regnerus. Il lui propose cependant la main de sa fille et la moitié de son royaume, mais celui-ci choisit la mort. Regnerus poursuit alors Daxon jusqu’en Russie où il le capture, avant de le reléguer à Utgarthia. Il le libère ensuite, moyennant promesse de venir chaque année, accompagné de douze aînés, tous déchaussés, payer tribut (p. 403).


Parents contemporains en Livonie

On doit également supposer des alliances matrimoniales locales, chez les « Lives », mais également dans les tribus voisines. La tradition, par exemple, fait de Lembit (Lembitu en estonien et en letton), le chef de la résistance Este, un parent de Kaupo par alliance. On en déduit que son frère, Unnepewe, est également parent de Kaupo.
Kaupo est, par ailleurs, entouré d’autres « anciens » qui, manifestement, lui sont apparentés : Dobrel, par exemple, qui a son fort en face de Toreida, de l’autre côté du fleuve ; Ninnus, un autre « ancien » des Lives, toujours associé à Dobrel ; Vesike, un ancien des Lives, également allié aux Germains ; Russin évidemment, un va-t-en-guerre voisin de Kaupo ; il pourrait également y avoir Uldewene, l’ancien de Lennewarden – Lielvarde, un château sur la rive droite de la Düna – Daugava, habitat traditionnel des Lives, au sud de Toreida qui, lui, se trouve sur la Gauja. On peut tenir le même raisonnement pour Ako, le prince de Holm.


Parents contemorains dans la Rus’

Observons maintenant que le « quasi rex » Kaupo contrôle à la fois le trafic vers Pskov (grâce à ses châteaux, dont les deux ou trois châteaux voisins Treiden – Toreida et Kremon Kubbesele – Krimulda Cubbesele sur l’Aa supérieur ou Gauja) et vers Polotsk (grâce à son château de Riga et, sans doute, ses alliés ou vassaux, sur la Düna – Daugava). En toute logique, les princes rus’ ou rutènes de ces villes devraient avoir cherché à conforter les accords entre eux, militaires et commerciaux, par une ou des alliances matrimoniales.
À la liste des ancêtres possibles ou probables, il faut donc ajouter les princes de Pskov et ceux de Polotsk.


Enfants

On sait enfin que Kaupo a un fils, Berthold, et une fille, puisqu’il a un gendre, Wane ou Ivan, dont la tradition fait l’un des deux frères de Ungaria ou Ungania, à l’origine des Ungern-Sternberg.
Il est logique de supposer à Kaupo d’autres enfants morts sans descendance ou n’ayant pas laissé de traces dans l’histoire, tout en pouvant être à l’origine de tel ou tel des Live, Lyve, Liven, Lieven, etc. qu’on trouve dans le siècle suivant.

ANNEXES

Origine danoise du fondateur des Rurikides

RORIK = RORICUS = RURIK

RORIK'S BATTLE AGAINST THE CURONIANS AND THE SWEDES
Saxo also connects the battles of the Danes against the Curonians with the name of Rorik [Roricus, fils de Höterus, roi des Danois, dans le texte de Saxo Grammaticus]. The Curonians and Swedes, who used to pay an "annual tribute" to the Danes, attacked Denmark when Rorik became King of Denmark. The Slavs and many other tribes joined the revolt and elected one king to reign over all. Rorik defeated these "barbarians" in a sea battle.60 Then he dealt with the rest of the Slavs, whom he forced to obey him and to once again pay him tribute.
This Rorik can be identified with the Viking Rorik who was active in Friesland and Jutland in the middle of the 9th century. In about 837, Emperor Ludwig the Pious appointed him to defend the city Dorestad in Friesland, which was being attacked by the Vikings. Emperor Lothar expelled him from there in about 841, but in 850 Rorik regained Dorestad by force. With rising inner conflicts in Denmark, Rorik attacked Denmark in 855 and 857 and fortified his position in South Jutland. At that time, his situation in Friesland became unstable. In 863, he and the Danes attacked Dorestad unsuccessfully. In 867, the intentions of the then expelled from Friesland Rorik to regain his former fief, are mentioned again. Only in 870–873 did the Frankish kings approve him his fief. But by 882 Rorik was already dead.61
Since Saxo connects Rorik's battles in the Baltic Sea with the beginning of Rorik's reign in Denmark, it is possible to connect the battles with his growing power in Jutland in 857. This date also fits well with the events in Ruthenia. At that time, an opinion takes root that Rorik the Jutlander, and Rurik, the founder of the house of the Ruthenian dukes, are one and the same person.62 His invitation to North Ruthenia is dated to 862, his death – to 879 in the Ruthenian chronicles. These are conditional dates, but they essentially coincide with the dates of Rorik's historical life.
Rorik's battles with the Curonians and the Swedes, described by Saxo, are like a connecting link of Rorik's road to Ruthenia. The Swedes had had colonies in both Curonia (Seeburg) and Ruthenia (Ladoga) for a long time. In the middle of the 9th century, the tribes living near Ladoga revolted against the Swedes and expelled them. The mighty Viking Rorik, who was fighting successfully with the Swedes and the Curonians, appeared in the Baltic Sea at approximately the same time. It is only natural that the inhabitants of the Ladoga region invited Rorik to defend them from the Swedes.
Source : Tomas Baranauskas. Saxo Grammaticus on the Balts.


Colonisation de la Sambie par les Danois

Harald IV la Dent Bleue de Danemark (910-986) [Sur lequel se termine la Gesta Danorum], fils de Gorm le Vieux, roi du Jutland et de Thyran fille de Harald Klak, jarl de Jutland, auteur des pierres de Jelling dressées et sculptées en l’honneur de ses parents, se convertit au christianisme en 965. Il devint vassal d’Otton Ier le Grand qui avait exigé de lui qu’il le reconnaisse comme « advocatus », lord protecteur de l’église danoise et, même, comme souverain. Harald ayant levé les armes pour défendre son indépendance, il s’était fait battre en 972. La christianisation du royaume n’allait pas de soi. Sveyn (ou Svend, Swegen, Swein, Sven), le fils d’Harald, s’alliera contre son père avec un chef païen et, finalement, Harald sera assassiné le 1er novembre 986 ou 86.
Sveyn à la Barbe Fourchue (960-1014) avait été porté sur les fonts baptismaux par Otton Ier, en même temps que, sous son contrôle, Harald se faisait baptiser.
Roi de Danemark (à la mort de son père), d’Angleterre (en 1013) et d’une grande part de la Norvège (en 1000), Sveyn à la Barbe Fourchue aurait conquis la Sambie.

D’après Tomas Baranauskas (Saxo Grammaticus on the Balts), Saxo Grammaticus attribuerait cette conquête à Hakon, une autre fils d’Harald la Dent Bleue. Un fils de ce nom n’est mentionné nulle part.
Le personnage le plus proche est Haco le Seelandais, fils de Wigerus (p. 305) mais il ne conquiert pas la Sambie.
Baranauskas mentionne également le jarl Hakon de Norvège, allié de Harald la Dent Bleue, qui pourrait être celui que d’autres auteurs appellent Haakon Ier le Bon, troisième roi de Norvège (ca. 920-961). On ne dit pas ailleurs qu’il ait conquis la Sambie.
Quoiqu’il en soit, Baranauskas affirme que la conquête date des années 960, que les Danois épousèrent les femmes sambes des guerriers morts au combat et s’installèrent dans le pays conquis.


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LIEVEN DATA BASE
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